La philosophie, du grec φιλοσοφια (φιλειν aimer, σοφια la sagesse, le savoir, c'est-à-dire littéralement « l'amour de la sagesse ») n'a pas de domaines propres à la différence des sciences sociales, expérimentales ou des mathématiques. De manière générale, on pourrait la définir comme une forme de réflexion qui se tourne vers une interprétation globale du monde et de l'existence humaine. Mais chaque tentative de définition du concept de philosophie ou de son domaine d'application est déjà une question relevant de la philosophie.
La logique, l'éthique, la métaphysique, la philosophie politique et la théorie de la connaissance peuvent être considérées comme les domaines fondamentaux de la philosophie. D'autres disciplines comme la philosophie des sciences, la philosophie de l'esprit, l'anthropologie philosophique, la philosophie du droit ou la philosophie du langage sont apparues plus récemment.
Étymologie
Le mot philosophie vient du grec philo-sophia que l'on traduit généralement par "amour de la sagesse". Mais cette traduction courante ne rend pas compte de la polysémie de sophia. En effet, Jean-Joël Duhot[2] explique : "Tous les hellénistes savent que sophia désigne l'habileté, le savoir-faire, la connaissance, au sens large, et que le sophos, parallèlement, est l'homme habile, celui qui sait s'y prendre, mais aussi le savant.". Si la sophia désigne à l'origine la compétence (aussi bien dans un métier que dans un art ou une science), ce mot se rapporte aussi, dans philo-sophia, au savoir théorique visé par le philosophe. De plus, la sophia est également associée à la notion de sagesse dans l'oeuvre de Platon où savoir et sagesse sont indissociables. Par exemple, Socrate, dans l'Apologie de Socrate, dit qu'il tend vers la sophia. Il est là question de savoir, mais ce savoir désigne la conscience qu'a Socrate de sa propre ignorance : Socrate est doué de sophia dans la mesure où il sait qu'il ne sait rien, ce qui constitue une forme de sagesse.
Par ailleurs, dans philo-sophia, il est question d'amour de la sagesse (philein signifiant "aimer") et non de la possession de cette sagesse. Cela indique que le philosophe recherche le savoir sans prétendre nécessairement qu'il peut effectivement l'atteindre.
Le philosophe, par RembrandtIl y a sans doute peu de disciplines plus difficiles à définir que la philosophie. Ceci tient au fait que la pratique philosophique a connu des fortunes diverses et des formes multiples au cours de l'histoire: inséparable de la discussion politique (comme chez Socrate, Platon et Aristote[3]) et d'un mode de vie bien spécifique durant l'Antiquité (avec Socrate ou Diogène le Cynique, Épicure, les stoïciens pour ne citer qu'eux), elle va durant le Moyen Âge devenir l'objet de l'attention des théologiens avant de devenir une discipline pratiquée par d'authentiques scientifiques durant l'époque moderne (Descartes ou Leibniz [4]). Puis, à partir du XVIIIe siècle, elle va se détacher très nettement des sciences positives et plusieurs branches de la philosophie vont devenir des disciplines autonomes (telle la science politique née de la philosophie politique ou la logique mathématique devenue une discipline entièrement autonome). L'unité de la philosophie est donc problématique, les philosophes ne se rattachant pas forcément à une conception et à une pratique similaires.
La philosophie contemporaine, issue d'une tradition multiple, se présente donc sous des formes variées: tradition herméneutique et postkantienne en Allemagne, philosophie analytique dans les pays anglophones et dans une grande partie de l'Europe, tradition phénoménologique en France et en Italie. Certains remettent fortement en cause la tradition philosophique et ses présupposés telle la philosophie féministe, la déconstruction de Derrida ou de Heidegger.
Les difficultés pour définir la philosophie sont en outre de nature épistémologique, car il est difficile de définir de façon rigoureuse ses méthodes, ses thèmes et ses objets. Historiquement, elle a pu en effet s'inspirer d'autres disciplines (des mathématiques par exemple, voire des sciences positives). Plus fondamentalement, elle n'a jamais réussi à développer une méthode ou un ensemble de méthodes qui auraient réussi à s´imposer parmi les philosophes (comme la méthode expérimentale s'est imposée en physique et en chimie par exemple).
Mais il est également délicat de déterminer l'essence de la philosophie, soit parce que son statut dans la société est lui-même difficile à cerner, soit qu'elle a été ramenée à d'autres disciplines apparemment proches. Dès l'Antiquité, par exemple, Socrate était confondu dans les Les Nuées d'Aristophane avec les Sophistes, que Platon nous présente pourtant comme ses adversaires dans ses dialogues. Et même sans tomber dans un quelconque pathos du philosophe incompris par ses contemporains, il est clair qu'on peut se demander quelle est sa fonction dans la société ? En tant que discipline théorique, son intérêt semble limité parce qu'elle est sans portée pratique et sans fondements scientifiques. En tant que recherche de la sagesse, elle s'adresse à l'individu plus qu'à la communauté.
quelques pistes pour définir la philosophie :
*La philosophie comme mode de vie
*Philosophie et société
*Délimitations négatives de la méthode de la philosophie
*Caractéristiques de la méthode de la philosophie
*Distinction entre philosophie systématique et histoire de la philosophie
*Les branches de la philosophie
*Philosophie antique
*Philosophie médiévale
*Philosophie moderne
*Philosophie contemporaine